La variété noire chez l’orpington

L’orpington variété noire a été la première créée par William Cook en 1880. Elle le fut grâce à un premier croisement entre un coq Minorque noir et une poule Black Rock noire. Les poussins issus de ce croisement furent accouplés avec la Langshan noire, ce qui donna l’orpington noire à crête simple et à crête rose.

Les premiers sujets ne ressemblaient pas au type que nous recherchons aujourd’hui, mais n’oublions pas qu’au départ, ils étaient destinés à la ponte et à la table. Les premiers sujets ressemblaient plutôt à l’Australorp, type que W. Cook avait obtenu alors.

En résumé, l’orpington est la Minorque pour sa ponte de deux centaines d’oeufs par an, la Plymouth Rock pour sa capacité à trouver sa nourriture, et la Croad Langshan pour sa constitution anatomique (de beaux filets). William Cook avait réalisé la poule parfaite d’un point de vue élevage domestique alimentaire (ponte, coût nourriture / rapport viande), ce qui lui valu de l’envoyer dans le monde entier.

Coq Minorque.
Coq Minorque.
Un coq Croad Langshan.
Un coq Croad Langshan.
Poule Black Rock (croisement de Plymouth Rock avec Rode Island).
Poule Black Rock (croisement de Plymouth Rock avec Rode Island).

Certaines imperfections étaient présentes, comme les oreillons blancs hérités de la Minorque, des plumes aux pattes héritées de la Langshan ou encore les pattes jaunes de la Plymouth Rock. Sélection après sélection, les éleveurs sont arrivés au standard actuel et que nous allons décrire ici et commenter.

Phénotype de la couleur noir

Bec : noir

Iris des yeux : noir. Il arrive encore de trouver des sujets noirs avec des iris de couleur orange/rouge.  Dans la plupart des cas, ce sont des sujets issus de croisement avec d’autres variétés comme le coucou, le lavande ou le caillouté. Attention de ne pas utiliser ce type de sujet dans la reproduction à moins que celui-ci soit la réincarnation absolue du type orpington !

Tarses : noir

Ongles : blanc

Plumage : entièrement noir avec de riches reflets verts, un des éléments le plus difficile à obtenir. Il faut regarder le sujet au niveau du triangle de l’aile : si celui est d’un beau reflet vert soutenu, il est probable qu’il soit la bonne couleur. Si des reflets violacés sont visibles, il y en aura certainement ailleurs. Cela peut être des reflets ou des barrures, comme si la plume avait été griffée.

Beaux reflets verts sur ce plumage de variété noir.
Beaux reflets verts sur ce plumage de variété noir.

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour ce problème :

  • le sujet est porteur du gène Ar+ (rouge autosome et donc pas lié au sexe). Il s’agit d’un gène dominant qui se manifeste souvent par des reflets violacés ou pourpres (rouille), dont il est très difficile de se débarrasser (son action peut être faible à très forte). Une solution consiste à « retremper » avec du coucou B/B S/S qui agira comme un filtre pour empêcher le gène Ar+ d’agir, sachant qu’il faudra éliminer les sujets aux yeux rouge-orangé,  couleur liée à la variété coucou.
  • le sujet est porteur lavande (lav+). Il se manifeste par des barrures violacées le plus souvent aux extrémités des plumes. Il peut également y avoir des reflets violacés/pourpres.
  • le sujet a été malade ou affaibli lors de la pousse de la ou des plumes, ce qui peut provoquer des barrures violacées. La nourriture peut jouer un rôle sur ces reflets. Il faut surveiller que les jeunes sujets aient toujours une alimentation complète et équilibrée.
  • Il y aussi ce que l’on appelle les barrures fantômes comme si le noir était barré, comme le coucou mais très légèrement. Ce phénomène est du à un croisement avec du coucou ou barré.

Sous plumage : noir mat sans traces de gris ou blanc.

Défauts graves de coloris : absence de reflets verts – reflets violets ou pourpres (rouille). Sous couleur blanchâtre ; blanc aux oreillons.

Une poule variété noir.
Une poule variété noir.

La couleur noire par la génétique

Il y a de multiples façons de faire de la couleur noire chez les volailles, mais voyons comment cela ce passe chez l’orpington, comme d’ailleurs chez la plupart des volailles noires.

Les sujets noirs, en général chez l’orpington, sont de la famille du E (noir étendu) ce qui veut dire que le code génétique (génotype) simplifié du noir est :

E/E bl+/bl+ s+/s+
E/E pour le noir étendu la famille
bl+/bl+ pour la couleur noire car si c’était par ex: Bl/bl+, le sujet serait bleu
s+/s+ pour le doré
ou S/S pour l’argenté
ou S/s+ pour l’argenté avec une seule dose
E est l’allèle dominant sur tous les autres e allèles qui sont :
ER Birchen (noir à camail doré ou argenté)
e+ Type sauvage
eb Brun
eWh Froment

Et c’est de ces familles de e allèles, que sont faites la grande majorité des couleurs de volailles. Juste avec ces 6 symboles, l’éleveur sait qu’il est en présence d’un sujet noir (M ou F) avec du doré. Alors, peut-on dire, il n’y a pas de doré dans les noirs ? Et bien si, sauf que le noir le cache. Et ce doré, vous pouvez le voir sur vos poussins de 1 jour : toutes les parties non noires du poussin sont blanchâtres à dorées. Si elles sont blanc immaculé, alors le sujet est certainement sur une base argentée S/S, ce qui d’ailleurs, n’est pas plus mal. Si vous voyez du doré au niveau des ailes et même de la poitrine, il est alors sur une base dorée.

Si vos sujets sont sur une base dorée et qu’en plus, ils ont le gène Ar+ (rouge autosome) et bien votre poussin a beau être sur l’allèle noir étendu, il commence à avoir du mal à tout cacher sous le noir. Et peut-être allez-vous commencer à voir des reflets violacés ou pire, du rouge/pourpre/rouille dans le camail et sur les épaules.

Donc, suivant la coloration de votre poussin au niveau des zones non noires, vous aurez génétiquement :

E/E bl+/bl+ s+/s+ (noir sur base dorée) ou E/E bl+/bl+ S/S (noir sur base argentée). S’il est sur une base argentée et que vous constatez sur le poussin qu’il a du doré au niveau des épaules, vous pouvez être certain que votre poussin est porteur Ar (rouge autosome). Cela vous permet de sélectionner au plus tôt.

Il y a un gène qui peut aider à avoir des sujets noirs avec énormément de reflet vert. C’est le gène Ml (mélanisé) que l’on a entre autre dans les fauves à liséré noir. Le souci est que dans le fauve à liséré noir, il y a d’autres gènes qu’il n’est pas très intéressant de posséder. Alors comment faire ? Il y a la solution de la race Sumatra qui elle, est porteuse du gène, mais cela prendra du temps avant de revenir sur le type de l’orpington : on ne peut pas dire que ces deux races soient proches. Mais avec patience et sélection, tout est possible !

Le noir et les autres couleurs

La couleur noire est la base de nombreuses autres couleurs qui sont :
Le bleu qui est une dilution du noir : E/E Bl/ bl+
Le lavande (gris perle) qui est une dilution du noir : E/E bl+/bl+ lav/lav
Le caillouté qui est un mouchetage blanc du noir : E/E bl+/bl+ mo/mo
Le coucou / barré qui est du noir rayé : E/E bl+/bl+ B/B
Et le chocolat qui est également une dilution du noir : E/E  bl+/bl+ choc/choc

Nous aurons l’occasion de reparler plus en détails de ces couleurs et sur leur méthode de transmission.

On s’aperçoit donc qu’une bonne souche de noir pure et très intéressante pour développer ces autres couleurs.
Mais attention certains de ces gènes lorsqu’ils sont transmis, peuvent rendre en retour des défauts graves à la variété noire pure comme pour :

  • le lavande : les noirs porteurs lavandes ont très souvent des reflets violacés de manière plus ou moins importante ainsi que l’oeil rouge/orangé ou encore marron.
  • le caillouté : l’oeil rouge / orangé ou encore marron.
  • le coucou : barrures fantômes et oeil rouge/orangé.
  • le bleu a peu ou pas d’interférence avec le noir en apparence, des reflets violacés peuvent être visibles.

Ce qui veut dire qu’il est prudent de ne pas mélanger le noir pur avec ces autres couleurs ou plutôt, il est très fortement conseillé de marquer les poussins à la naissance afin de préserver la souche noire la plus pure possible.

On s’aperçoit que toute les dilutions du noir provoquent très souvent une décoloration de l’oeil noir vers le rouge / orangé. Tout ces défauts peuvent être difficiles à éliminer et certains même, impossibles à éliminer tout au moins complètement. Par contre il est certain qu’il est difficile d’avoir du coucou/barré de qualité en couleur sans avoir une bonne dose de noir et il faudra certainement de temps à autres les retremper dans du noir.

Une poule variété caillouté.
Une poule variété caillouté.

Certains éleveurs utilisent le noir avec d’autres couleurs comme :

  • Le fauve a liséré noir afin de redonner du volume, de la masse et de contribuer à redonner de la fertilité à la souche. Le travail est de longue haleine (4 à 5 ans) mais parfois le travail et la patience sont nécessaires, véritables qualité d’un éleveur.

Pour résumer, la variété noire, lorsque la souche est incertaine, peut cacher d’autres gènes dominants ou récessifs qui ne font pas normalement partie de son patrimoine génétique. Un inconvéniant parfois difficile à détecter même pour un éleveur chevronné.

Voilà donc un récapitulatif de l’orpington variété noire, qui est la plus ancienne des variétés et qui est malheureusement négligée par les éleveurs, alors même qu’elle est indispensable pour apporter du type et de la densité dans les variétés complémentaires. A l’occasion des prochaines expositions, n’hésitez-pas regarder cette belle variété avec un œil nouveau, et peut-être serez vous tenté !


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