Sélection Orpington : méthode d’élevage, critères de type et travail des couleurs

Dernière mise à jour : 18 Jan 2026

À vingt-neuf ans, cela fait déjà dix-sept années que j’ai acquis mes premières Orpingtons. Même si cette race n’a pas été la seule que j’ai élevée, c’est sans conteste depuis 2007 celle qui me passionne le plus. Ma découverte de l’aviculture remonte à la visite d’une petite exposition avicole locale, organisée avec ma classe de CM2. À l’époque, je dévorais littéralement les ouvrages consacrés aux volailles, et je me souviens avoir lu que l’Orpington était une race facile à élever, particulièrement adaptée aux débutants. Je sais aujourd’hui combien cette affirmation est erronée : l’Orpington est loin d’être une race simple.

Une race rustique… mais exigeante

Si l’Orpington présente une allure rustique, elle n’en demeure pas moins fragile sur plusieurs aspects. Son plumage dense et abondant lui permet de supporter sans difficulté les grands froids, et c’est d’ailleurs à l’arrivée des nuits fraîches de septembre qu’elle commence réellement à produire du plumage. En contrepartie, cette abondance de plumes la rend plus sensible aux poux rouges et autres acariens, et la fait souffrir lors des fortes chaleurs. Chez la grande race en particulier, les épisodes de canicule entraînent souvent un arrêt complet de la ponte.

Sur le plan reproductif, les sujets les plus typés sont fréquemment des reproducteurs moyens. L’Orpington est également sensible au développement des mycoplasmes, souvent favorisés par une litière poussiéreuse, qui doit donc être entretenue avec une rigueur constante. Par temps de pluie, elle se mouille plus rapidement que beaucoup d’autres races et n’apprécie guère de rester dehors sous les intempéries, malgré ses origines britanniques. Enfin, sa sélection est notoirement complexe. C’est précisément sur ce point que je souhaite m’attarder.

Ma vision de la sélection

L’Orpington peut sembler, à première vue, une race simple, hormis sa forme large et arrondie. En réalité, elle cumule un nombre important de critères de sélection, dont beaucoup ne deviennent visibles qu’à un stade avancé de la croissance. Cela oblige à conserver de nombreux sujets longtemps avant de pouvoir faire un tri pertinent.

Les critères qui me paraissent les plus importants sont la forme générale, la tête, la queue, la texture du plumage, le port des ailes, la longueur des tarses et, bien sûr, la couleur. Étant également amateur et éleveur de pigeons Mondain, je compare souvent la sélection de cette race à celle de l’Orpington. Le Mondain, pigeon de forme par excellence, présente de nombreux points communs avec l’Orpington, tant sur le plan morphologique que comportemental, y compris dans la préparation aux expositions.

La forme et la structure

Je recherche des sujets dotés d’une poitrine puissante, descendant le plus bas possible, avec un corps de longueur moyenne à courte et bien large. La longueur du dos doit correspondre à environ deux doigts chez la naine et quatre doigts chez la grande race. Le cou doit être de longueur moyenne, fort à la base, avec une attache à une tête nettement plus petite. La queue doit être large, pleine, fermée et relevée. Idéalement, son sommet – qui n’est pas son extrémité – se situe à la même hauteur que la base de la crête, aussi bien chez le coq que chez la poule.

La tête, un point trop souvent négligé

Je constate en exposition, notamment en grande race, la présence fréquente de têtes de type Cochin : tête dite « de rapace », crâne plat, face trop lisse. Il s’agit à mes yeux d’un défaut important, souvent sous-estimé par les juges. L’Orpington doit présenter une petite tête bien ronde, un bec moyen à court, une face rouge légèrement emplumée à texture fine, un œil vif au contour peu marqué, une petite crête avec idéalement quatre à cinq crétillons réguliers et triangulaires, des oreillons rouges, ainsi que des barbillons rouges, de petite à moyenne taille, bien serrés, sans fanon ni début de barbe.

Queue, plumage et port

Je ne conserve que les sujets à queue large, ronde ou ovale, bien relevée, pleine et fermée, au plumage souple et mou, sans frisottis. Les queues pointues ou présentant des faucilles dures sont systématiquement éliminées.

Concernant le plumage, je privilégie des sujets au plumage dense, gonflé, mou et souple, avec une surface lisse à l’exception des bouffants. Les ailes doivent être petites, bien serrées et portées verticalement. Ce défaut est plus facile à détecter chez le coq que chez la poule, où une comparaison attentive entre sujets est souvent nécessaire.

Pour la hauteur et les tarses, je sélectionne des sujets dont la hauteur, la longueur et, si possible, la largeur sont équilibrées. Les tarses doivent être les plus courts possibles. Chez la poule, le bouffant doit presque toucher le sol ; chez le coq, il peut être très légèrement plus haut.

La couleur, variété par variété

Je ne parlerai ici que des variétés que je connais le mieux.

Le chocolat présente de nombreuses nuances, allant du presque noir au chocolat clair. Depuis trois ans, je travaille exclusivement chocolat sur chocolat, ce qui me semble être la meilleure solution. Je recherche un chocolat uniforme, ni trop clair ni trop foncé, avec un beau lustre. Les sujets mats se délient plus vite et sont rarement homogènes. Le chocolat peut se sélectionner comme le noir, en observant un léger reflet vert au soleil. J’élimine systématiquement les sujets présentant des reflets violets ou pourpres, ainsi que ceux montrant du cuivré ou du doré au camail. Cette couleur se décolore facilement au soleil et sous la pluie ; les poules en ponte perdent également vite leur intensité. La sélection se fait donc idéalement sur des jeunes adultes élevés dans les mêmes conditions.

Le fauve, que j’élève uniquement en naine, doit être homogène, sans liserés brillants ou trop foncés. La sous-couleur doit être bien fauve, sans zones blanches ou farineuses. Le poivrage noir à la queue ou aux rémiges est tolérable, tout comme une base noire de plume au dos ou au camail, à condition de ne pas accoupler deux sujets présentant le même défaut. La couleur de l’œil doit être bien orangée, voire rouge. Comme le chocolat, le fauve se décolore avec le temps.

Le bleu doit présenter un liseré foncé net et régulier, une couleur homogène, sans voile brun ni fumée. J’élève cette variété depuis longtemps en naine et depuis cinq ans en grande race. J’ai acquis la certitude qu’il faut travailler bleu sur bleu, sans retrempe avec du noir, surtout s’il ne provient pas du bleu. Le noir donne un bleu terne, réduit la netteté du liseré et entraîne des bouffants marbrés. Je sélectionne les sujets à liseré très fin et continu sur l’ensemble du plumage, y compris au camail et aux bouffants. Je privilégie les reflets verts sur le liseré plutôt qu’un simple reflet métallique. Pour choisir mes coqs, je les observe de nuit sous éclairage artificiel, ce qui permet de repérer plus facilement les reflets brun-rouille.

Le rouge est une couleur extrêmement difficile. Les déchets sont nombreux lorsque l’on cherche un rouge unicolore, foncé, brillant, sans noir à la queue et avec une sous-couleur rouge. Après plusieurs années infructueuses, j’ai introduit une Wyandotte rouge unicolore issue d’une exposition allemande. Le travail a ensuite consisté à éliminer progressivement les défauts de crête et de tarses, puis à rétablir la forme et la rondeur propres à l’Orpington. Les meilleurs sujets proviennent de poussins au duvet jaune très pâle, presque blanc, à l’exception d’une petite tache sur la tête.

Reproduction et choix des reproducteurs

En 2015, j’ai fait naître plus de 1 600 Orpingtons. Une première sélection sur la crête est réalisée vers quatre à cinq semaines, éliminant environ la moitié des sujets. À trois ou quatre mois, j’évalue la couleur et les défauts visibles. Ce n’est qu’à cinq ou six mois que je sélectionne réellement la forme.

Le sujet parfait n’existe pas. Je choisis donc des reproducteurs complémentaires, travaillant souvent par couples ou trios afin de corriger un point précis et de suivre précisément les lignées. Il m’arrive de vendre un sujet noté 96 et de conserver un autre noté 93 ou 94, car un bon sujet d’exposition n’est pas nécessairement le reproducteur adapté à un programme de sélection.

Alimentation et soins

Je varie et rationne l’alimentation autant que possible. J’utilise des aliments complets Mifuma ou Versele-Laga, complétés par des mélanges de céréales, des restes de table, des vers de farine et un peu de viande hachée. Seuls les sujets destinés aux expositions sont vaccinés contre Newcastle. J’utilise un aliment anticoccidien jusqu’à la seizième semaine, sans traiter ensuite pour la coccidiose. Je vermifuge trois fois par an et traite préventivement contre les poux rouges.

Les adultes ont accès à l’extérieur toute l’année. En hiver et en période de reproduction, j’ajoute une cuillère à soupe d’huile de foie de morue par kilo de céréales, afin de soutenir la fécondité et l’éclosion.

Voici une partie de ma méthode d’élevage et de sélection des Orpingtons. J’espère que ces lignes pourront être utiles et, à mon tour, j’encourage chacun à partager son expérience autour de cette race exigeante mais passionnante. Je vous souhaite à tous une excellente année d’élevage.

2 commentaires

  1. Bonjour, j’ai acheté des poules Orpington en septembre 2025. Elles avaient une taille adulte mais le monsieur qui me les a vendues ne m’a pas dit quel âge elles avaient. Nous sommes en avril 2026. Elle ne m’ont encore jamais fait un seul œuf.
    Elles ne sont pas malades. Elles n’ont pas de poux rouges. Une amie me dit que les poules Orpington ne commencent à pondre qu’à deux ans. Est-ce vrai ?
    Je vous remercie par avance si vous pouvez me renseigner.
    Cordialement,
    Nicole

  2. Bonjour Nicole, non, une Orpington ne commence pas à pondre à deux ans : elle débute généralement entre 6 et 10 mois, parfois un peu plus tard selon les conditions. Si les vôtres n’ont jamais pondu depuis leur achat en septembre, il est probable qu’elles étaient déjà adultes, voire âgées, et qu’elles aient simplement terminé ou fortement réduit leur cycle de ponte, d’autant que l’hiver bloque naturellement la production. Avec le retour des jours longs au printemps, vous devriez voir une reprise si elles sont encore en capacité de pondre ; sinon, il faudra envisager qu’elles ne soient plus productives.

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