Souvent mal aimĂ©e, la variĂ©tĂ© blanche chez les volailles possĂšde pourtant un atout majeur qui se vĂ©rifie pleinement chez lâOrpington : son anciennetĂ©. En effet, le blanc est une variĂ©tĂ© ancienne de lâOrpington, créée en 1889, soit quelques annĂ©es seulement aprĂšs le noir (1886) et avant le fauve (1894). Cette anciennetĂ© lui confĂšre un statut particulier, celui de vĂ©ritable « gardien du temple », reprĂ©sentant un idĂ©al du type et du caractĂšre docile propres Ă la race Orpington.
Contrairement Ă certaines variĂ©tĂ©s plus rĂ©centes, souvent issues de croisements contemporains impliquant plusieurs races, les caractĂ©ristiques morphologiques et comportementales de lâOrpington sont plus faciles Ă obtenir et surtout Ă conserver avec des sujets de variĂ©tĂ© blanche. Cette stabilitĂ© constitue un avantage rĂ©el pour le sĂ©lectionneur.
Le blanc, un outil génétique à part entiÚre
Ce premier atout est particuliĂšrement intĂ©ressant lorsquâil sâagit dâamĂ©liorer le type dâune variĂ©tĂ© nouvelle. Dâun point de vue gĂ©nĂ©tique, la couleur blanche recouvre en rĂ©alitĂ© deux mĂ©canismes distincts : le blanc dominant (I/I) et le blanc rĂ©cessif (c/c).
Dans le cas du blanc dominant, le croisement avec une autre variĂ©tĂ© donne, dĂšs la premiĂšre gĂ©nĂ©ration, des sujets blancs ou quasi blancs Ă 100 %. Cette dominance masque la couleur dâorigine, mĂȘme si des impuretĂ©s peuvent apparaĂźtre et nĂ©cessiter un travail de sĂ©lection rigoureux pour ĂȘtre Ă©liminĂ©es. Le rouge, en particulier, nâest gĂ©nĂ©ralement quâattĂ©nuĂ© et peut parfois transparaĂźtre.
Le blanc rĂ©cessif, qui est le plus couramment rencontrĂ© chez lâOrpington, se comporte de maniĂšre trĂšs diffĂ©rente. DĂšs le premier croisement avec une autre variĂ©tĂ©, le blanc disparaĂźt visuellement : les sujets F1 sont colorĂ©s, mais porteurs du blanc rĂ©cessif. En gĂ©nĂ©ration F2, environ 25 % des sujets peuvent redevenir blancs. GĂ©nĂ©rations aprĂšs gĂ©nĂ©rations, le blanc peut ainsi rĂ©apparaĂźtre ponctuellement.
Un dĂ©faut bien connu du blanc rĂ©cessif est sa tendance Ă jaunir davantage que le blanc dominant, ce qui le rend plus difficile Ă prĂ©senter en exposition en raison des pĂ©nalisations liĂ©es aux teintes jaunes. En revanche, son intĂ©rĂȘt majeur rĂ©side ailleurs : il constitue un outil extrĂȘmement prĂ©cieux pour amĂ©liorer le type et le caractĂšre dâune autre variĂ©tĂ©. Si le blanc rĂ©cessif disparaĂźt visuellement dĂšs le premier croisement, le type, la structure et le tempĂ©rament sont, eux, bel et bien transmis aux descendants.
Le blanc dans le travail du « Saumon Coucou Doré »
La variĂ©tĂ© « Saumon Coucou DorĂ© », que jâai travaillĂ©e durant quatre annĂ©es, est issue notamment de lâutilisation de blancs rĂ©cessifs apparus occasionnellement dans mes souches. Ce recours sâest rĂ©vĂ©lĂ© particuliĂšrement bĂ©nĂ©fique et a sans doute permis de conformer plus rapidement les sujets au type recherchĂ©, mĂȘme si le travail reste perfectible.
Ce blanc rĂ©cessif mĂ©rite donc dâĂȘtre conservĂ© avec soin. Il constitue une rĂ©serve gĂ©nĂ©tique prĂ©cieuse, capable dâapporter du type, de la rondeur et un tempĂ©rament conforme Ă lâesprit de lâOrpington dans des variĂ©tĂ©s en construction ou en amĂ©lioration.
Au final, la variĂ©tĂ© blanche mĂ©rite que lâon sây attache davantage. Elle prĂ©sente un intĂ©rĂȘt technique indĂ©niable pour le sĂ©lectionneur, mais aussi un attrait pratique : les Orpingtons blancs sont gĂ©nĂ©ralement des sujets calmes, dociles et agrĂ©ables Ă Ă©lever. Autant de raisons qui justifient pleinement leur place dans un Ă©levage, que ce soit comme variĂ©tĂ© Ă part entiĂšre ou comme outil de sĂ©lection raisonnĂ©.





