Le blanc rĂ©cessif, utile chez l’Orpington

DerniĂšre mise Ă  jour : 18 Jan 2026

Souvent mal aimĂ©e, la variĂ©tĂ© blanche chez les volailles possĂšde pourtant un atout majeur qui se vĂ©rifie pleinement chez l’Orpington : son anciennetĂ©. En effet, le blanc est une variĂ©tĂ© ancienne de l’Orpington, créée en 1889, soit quelques annĂ©es seulement aprĂšs le noir (1886) et avant le fauve (1894). Cette anciennetĂ© lui confĂšre un statut particulier, celui de vĂ©ritable « gardien du temple », reprĂ©sentant un idĂ©al du type et du caractĂšre docile propres Ă  la race Orpington.

Contrairement Ă  certaines variĂ©tĂ©s plus rĂ©centes, souvent issues de croisements contemporains impliquant plusieurs races, les caractĂ©ristiques morphologiques et comportementales de l’Orpington sont plus faciles Ă  obtenir et surtout Ă  conserver avec des sujets de variĂ©tĂ© blanche. Cette stabilitĂ© constitue un avantage rĂ©el pour le sĂ©lectionneur.

Le blanc, un outil génétique à part entiÚre

Ce premier atout est particuliĂšrement intĂ©ressant lorsqu’il s’agit d’amĂ©liorer le type d’une variĂ©tĂ© nouvelle. D’un point de vue gĂ©nĂ©tique, la couleur blanche recouvre en rĂ©alitĂ© deux mĂ©canismes distincts : le blanc dominant (I/I) et le blanc rĂ©cessif (c/c).

Dans le cas du blanc dominant, le croisement avec une autre variĂ©tĂ© donne, dĂšs la premiĂšre gĂ©nĂ©ration, des sujets blancs ou quasi blancs Ă  100 %. Cette dominance masque la couleur d’origine, mĂȘme si des impuretĂ©s peuvent apparaĂźtre et nĂ©cessiter un travail de sĂ©lection rigoureux pour ĂȘtre Ă©liminĂ©es. Le rouge, en particulier, n’est gĂ©nĂ©ralement qu’attĂ©nuĂ© et peut parfois transparaĂźtre.

Le blanc rĂ©cessif, qui est le plus couramment rencontrĂ© chez l’Orpington, se comporte de maniĂšre trĂšs diffĂ©rente. DĂšs le premier croisement avec une autre variĂ©tĂ©, le blanc disparaĂźt visuellement : les sujets F1 sont colorĂ©s, mais porteurs du blanc rĂ©cessif. En gĂ©nĂ©ration F2, environ 25 % des sujets peuvent redevenir blancs. GĂ©nĂ©rations aprĂšs gĂ©nĂ©rations, le blanc peut ainsi rĂ©apparaĂźtre ponctuellement.

Un dĂ©faut bien connu du blanc rĂ©cessif est sa tendance Ă  jaunir davantage que le blanc dominant, ce qui le rend plus difficile Ă  prĂ©senter en exposition en raison des pĂ©nalisations liĂ©es aux teintes jaunes. En revanche, son intĂ©rĂȘt majeur rĂ©side ailleurs : il constitue un outil extrĂȘmement prĂ©cieux pour amĂ©liorer le type et le caractĂšre d’une autre variĂ©tĂ©. Si le blanc rĂ©cessif disparaĂźt visuellement dĂšs le premier croisement, le type, la structure et le tempĂ©rament sont, eux, bel et bien transmis aux descendants.

Le blanc dans le travail du « Saumon Coucou Doré »

La variĂ©tĂ© « Saumon Coucou DorĂ© », que j’ai travaillĂ©e durant quatre annĂ©es, est issue notamment de l’utilisation de blancs rĂ©cessifs apparus occasionnellement dans mes souches. Ce recours s’est rĂ©vĂ©lĂ© particuliĂšrement bĂ©nĂ©fique et a sans doute permis de conformer plus rapidement les sujets au type recherchĂ©, mĂȘme si le travail reste perfectible.

Ce blanc rĂ©cessif mĂ©rite donc d’ĂȘtre conservĂ© avec soin. Il constitue une rĂ©serve gĂ©nĂ©tique prĂ©cieuse, capable d’apporter du type, de la rondeur et un tempĂ©rament conforme Ă  l’esprit de l’Orpington dans des variĂ©tĂ©s en construction ou en amĂ©lioration.

Au final, la variĂ©tĂ© blanche mĂ©rite que l’on s’y attache davantage. Elle prĂ©sente un intĂ©rĂȘt technique indĂ©niable pour le sĂ©lectionneur, mais aussi un attrait pratique : les Orpingtons blancs sont gĂ©nĂ©ralement des sujets calmes, dociles et agrĂ©ables Ă  Ă©lever. Autant de raisons qui justifient pleinement leur place dans un Ă©levage, que ce soit comme variĂ©tĂ© Ă  part entiĂšre ou comme outil de sĂ©lection raisonnĂ©.

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